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Rue de la Laine, le blog

Bilan d’un marché parisien

29 Novembre 2016, 09:19am

Publié par MarieM

Bilan d’un marché parisien

Me voici de retour du marché des créateurs des Champs-Élysées, dont j’ai eu parfois l’impression qu’il n’avait de “créateur” que le nom… En effet, le petit “village des créateurs” était noyé dans une grande fête foraine où les gens venaient manger des churros, boire du vin chaud et filmer leurs enfants sur les manèges. Une atmosphère très festive, mais qui ne poussait pas à admirer les créations minutieusement réalisées par les quelques artisans qui n’étaient pas en fait des revendeurs de bricoles.

Parmi ces derniers, j’ai tout de même eu le plaisir de faire la connaissance du sculpteur céramiste Benoist Lagarde (et aussi de faire quelques emplettes, hum ! je ne sais pas résister à un bel émail rouge…).

Et, si parmi les milliers de personnes venues du monde entier qui sont passées devant mon stand durant cette semaine, la plupart n’avaient certainement pas l’esprit à l’artisanat ou à la création, je ne saurais compter combien ont été étonnées ou émues par mon petit rouet qui a pédalé sans relâche, dix heures par jour ou presque. J’ai fait beaucoup de très belles rencontres et je ne saurais remercier assez tous ceux qui m’ont confié une bribe de leur histoire personnelle, évoqué un membre de leur famille, les pratiques d’antan de leur village ou de leur région. Ils m’ont touchée autant qu’ils l’ont été.

Merci donc aux ados qui ont sauté en l’air en jurant que c’était “trop stylé”. Merci aux vieilles dames qui m’ont raconté leurs longues heures de tissage, petites filles, dans un atelier portugais, ou qui ont évoqué la difficulté à redécouvrir le filage par nécessité, pendant la Seconde Guerre mondiales, alors qu’elles étaient adolescentes. Merci à ce monsieur moldave d’une suprême élégance qui a expliqué la fabrication des tapis dans son village. Merci à tous ces jeunes hommes fascinés par les roues et les courroies, que leurs amies essayaient d’entraîner à la force de leurs petits poignets vers les stands de bijouterie. Merci au garçon de café qui a mimé pour moi les gestes de sa grand-mère : le cardage et le filage au fuseau. Merci à tous ceux qui ont demandé mon autorisation avant de prendre des photos…

Pendant toutes ces rencontres enrichissantes, si mon cerveau était aux prises avec un anglais un poil rouillé à l’oral et des notions d’espagnol franchement décaties, mes mains et mes pieds, eux, ne chômaient pas ! Voici, en chiffres, les quatre écheveaux filés au cours de ces belles journées (j’ai réalisé les retors chez moi, en rentrant, et je vous donne là le temps total passé sur chaque écheveau) :

– laine et soie : 478 m pour 126 g, 12 heures de filage ;

– mawatas de soie : 1 408 m pour 123 g, 37 heures de filage ;

– laine et soie : 587 m pour 128 g, 16 heures de filage ;

– mérinos superwash : 160 m pour 102 g, 4 heures de filage.

J’ai tout filé en blanc car c’est plus visible lorsqu’on fait une démonstration, mais rien ne m’empêchera de me livrer à quelques exercices de teinture… L’écheveau de mawatas est déjà en cours de tissage, argh, le peigne 60/10 fraîchement reçu d’Ashford est encore trop gros ! Cela donne toutefois un effet “gaze” qui pourrait être très réussi. Mais j’aurais dû retordre ce fil trop fin en navajo, il aurait eu une plus jolie texture. À refaire…

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Un peu de laine aux Champs…

17 Novembre 2016, 13:49pm

Publié par MarieM

Un peu de laine aux Champs…

Dès demain, je serai présente sur les Champs-Élysées, sur un stand partagé avec l’association “Les Tisserins”. Nous participons en binôme au village des créateurs du célèbre marché de Noël qui s’installe chaque année sur la plus belle avenue du monde.

Comme vous le devinez, j’ai été très assidue devant mon métier à tisser, d’où quelques nouveautés exclusives qui ne sont pas en boutique… En voici quelques aperçus !

Je suis très fière de “Pure Nature”, une écharpe toute simple tissée en filé main laine et soie très fin. Grâce à la composition et au relief du fil, à la trame aérée du tissage, le toucher et le tomber sont vraiment réussis.

Un peu de laine aux Champs…Un peu de laine aux Champs…

Pour cette grande étole généreuse évoquant un ciel changeant, j’ai puisé dans tout ce que j’avais de bleu, notamment les écheveaux que j’avais réalisés pour mon étude sur les fleurs bleues.

Un peu de laine aux Champs…

Il me restait un peu de bleu, alors j’ai réalisé cette écharpe “Glacier”, très moelleuse.

Un peu de laine aux Champs…Un peu de laine aux Champs…

Il me restait aussi beaucoup de fils du tissage réalisé pour couronner mon opération “Dix ans, dix cadeaux”, donc j’ai fait une seconde écharpe, plus dans les verts que dans les jaunes…

Venez voir (et toucher) tout ça sur les Champs-Élysées !

Un peu de laine aux Champs…

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Le Lac des cygnes

6 Novembre 2016, 09:10am

Publié par MarieM

Le Lac des cygnes

Le filage, c’est un art. Il ne fait pas partie de la sainte-famille des Beaux-Arts – l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure – qui est fixée dans le marbre depuis l’époque classique, et pourtant c’est un art. Disons qu’il appartient aujourd’hui au domaine des “arts appliqués”, même si nous ne nous sommes pas encore assez fait entendre pour entrer dans la famille des métiers d’art (ça viendra !).

La couleur, la texture, le geste technique, tout y est ; quant à l’inspiration, c’est bien ce dont nous parlons chaque mois dans la rubrique “Thème du mois” du forum Tricotin. Mais je pense qu’un artiste qui ne s’intéresserait qu’à son art de prédilection – un chanteur lyrique qui ne se soucierait guère de littérature, un sculpteur qui ne visiterait pas les galeries de peinture, un danseur qui n’irait pas au théâtre – se limiterait dans son processus de création.

En tant que fileuse ou fileur, vous arrive-t-il de loucher sur les réalisations d’un maître de la Renaissance pour choisir une palette de couleurs, de rêver devant les courbes d’un Rodin, de chiper des outils ou des fournitures aux “collègues” : ses perles au joaillier, ses rouages à l’horloger, ses contrastes au photographe ?

Pour ma part, une fois n’est pas coutume, je me suis penchée sur le sixième art, en particulier la danse, sous l’égide de la muse Terpsichore. Cela étonnera sans doute les gens qui me connaissent car s’il y a bien un type de spectacle qui ne m’attire pas, c’est le ballet. Mais bon, j’ai vu Les Chaussons rouges, comme (presque) tout le monde (avant tout parce que j’avais été très émue à la lecture du conte d’Andersen et que j’adore la chanson éponyme signée Kate Bush [prenez le temps de voir le joli clip ci-dessous])…

… et aussi, bien sûr, Le Lac des  cygnes. Tout le monde en a entendu ou vu un passage, et on en voit des extraits dans le film Black Swan, avec une esthétique superbe.

D’accord, d’accord, vous me voyez venir… ce qui me plaît dans le ballet, ce sont les costumes, bien sûr.

Voici donc mon cygne blanc et son inévitable corollaire, le cygne noir.

Le Lac des cygnes
Le Lac des cygnes
Le Lac des cygnesLe Lac des cygnes

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Mon livre de chevet

2 Novembre 2016, 08:38am

Publié par MarieM

Mon livre de chevet

Que certains hommes préfèrent les hommes aux femmes en matière de relations amoureuses, ils ont ma bénédiction pour ça. Mais d’autres hommes détestent les femmes, les méprisent, bref en un mot leur veulent du mal, pourquoi ? C’est dépeint de manière fascinante dans le premier volet de la trilogie de Stieg Larsson, Millenium. À sa parution, je me suis plongée goulûment dans les aventures de Lisbeth, comme des millions de personnes. Aujourd’hui, je l’inclus dans ma collection “Mon livre de chevet” parce qu’en plus, la couverture me plaît beaucoup avec son clin d’œil à Mercredi Addams.

Lisbeth Salander tourna son visage sur le côté et essaya de se lever, mais il la tenait d’une main ferme. D’un point de vue force pure, elle ne pouvait pas se mesurer avec lui ; elle pesait 42 kilos contre ses 95. Il lui prit la tête à deux mains et tourna son visage de façon à la voir droit dans les yeux.
— Si tu es gentille avec moi, je serai gentil avec toi, répéta-t-il. Tu m’embêtes, et je peux te faire interner avec les fous pour le restant de ta vie. Ça te ferait plaisir ?
Elle ne répondit pas.
— Est-ce que ça te ferait plaisir ? répéta-t-il.
Elle secoua la tête.
Il attendit jusqu’à ce qu’elle baisse le regard, soumise, pensa-t-il. Puis il l’attira plus près de lui.

Stieg Larsson, Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes

Mon livre de chevet

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