Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Rue de la Laine, le blog

Un collier

28 Janvier 2017, 12:14pm

Publié par MarieM

Un collier

Les fêtes sont passées, avec leur lot de clinquant et de paillettes. Pour la Saint-Sylvestre, vous vous êtes peut-être mis(es) sur votre 31 (c’était de circonstance…). Moi, ma faiblesse, ce sont les beaux bijoux ; je ne suis pas très sensible aux matières précieuses mais j’adore les pièces artisanales soignées, surtout les perles au chalumeau.

Du coup, j'ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de créer un écheveau qui puisse être porté comme un collier !

Moi, je suis partie de très belles perles au chalumeau signées Catherine Gendreu, auxquelles j’ai ajouté quelques autres perles de différents formats tirées de mes divers sacs à malice… Puis j’ai cardé des rolags de laine et soie pour aller avec. Je voulais que les perles ressortent bien donc je suis volontairement restée dans des tons pastel.

Un collierUn collier
Un collierUn collier

J’ai enfilé les plus grosses perles sur des mèches individuelles de laine pour les inclure lors du filage du premier brin ; pour ce qui est des perles de rocaille, je les enfilais directement sur le fil au fur et à mesure.

Un collier

Ensuite, pour obtenir de la texture, j’ai fait successivement deux retors navajo et un retors andin, ce qui m’a donné un métrage permettant d’enrouler le fil trois fois autour du cou, façon sautoir. C’est le léger excès de torsion donné pendant le dernier retors qui fait s’enrouler le fil sur lui-même.

Un collier

Voir les commentaires

Mon livre de chevet

19 Janvier 2017, 15:24pm

Publié par MarieM

Mon livre de chevet

J’ai pris beaucoup de plaisir, tout au long de 2016, à travailler sur ma collection d’écheveaux “Mon livre de chevet”. J’adore les livres. Pas seulement parce qu’ils sont la base de mon premier job : j’adore lire, tout simplement.

Je me souviens du premier livre que j’ai lu d’une façon incroyablement précise, qui m’étonnera toujours compte tenu du peu de souvenirs que je garde de ma petite enfance. Ce jour-là, j’étais vraiment malade au point de ne pas pouvoir me lever et je m’ennuyais terriblement ; ma mère s’est prise de pitié et bien que je sache à peine lire, elle est allée à la bibliothèque et m’en a ramené un livre de la Bibliothèque rose, un “Oui-Oui” (!). Je l’ai dévoré dans la journée et elle a dû faire quelques allers-retours à la bibliothèque dans les jours qui ont suivi… Je me souviens bien de cette chambre un peu calfeutrée, des rideaux à moitié tirés, des draps froissés, et de ce plaisir incroyable de voyager dans le temps, dans l’espace et dans la réalité à travers le bruissement des pages tournées. De cette faculté qu’ont les livres de nous extraire des mauvais jours, ou tout au moins des heures que l’on aimerait voir passer plus vite. Je ne l’oublierai jamais. Mais il y a pas mal d’années que je ne feuillette plus d’aventures de Oui-Oui…

J’ai toujours adoré lire Stephen King, et ce n’est qu’une coïncidence qu’une série très prometteuse créée à partir d’un de ses excellents romans soit diffusée à la télévision aujourd’hui : je ne pouvais finir ma collection sans avoir choisi une de ses œuvres. Le fil est prêt depuis longtemps, j’attendais juste que le soleil revienne nous visiter pour pouvoir enfin le photographier (non, je n’aime pas prendre des clichés en lumière artificielle et, oui, je sais que je ne serai jamais une pro dans ce domaine, mais je dors quand même très bien la nuit… même après avoir lu du King ! ;-).

Pourquoi 22/11/63 ? Si je vous disais que j’ai choisi les couleurs de la couverture, ce ne serait pas 100% une boutade superficielle. Je ne pourrai jamais dire quel est mon King préféré car ça change tout le temps, selon l’époque de ma vie, selon mon humeur du jour. Aucune de ses œuvres ne mérite d’être reniée, même si je ne relis plus certaines d’entre elles qui appartiennent plutôt à ma période adolescente/jeune adulte (dit la fille qui a décidé de tout relire l’année dernière pour je ne sais quelle raison…). Je raffole par exemple d’un roman dont on a très peu parlé, Duma Key : il a déclenché en moi une formidable pulsion créatrice.

Quand j’ose dire que j’adore Stephen King, je vois beaucoup de gens prendre un air pincé, genre “Oh-ça-si-c’est-pas-de-la-sous-culture-pire-que-le-Mc-Do…” Facile de repérer ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de lire un très bon Stephen King – ou qui n’en ont jamais lu du tout – et qui commettent l’erreur de juger autrui sur ses goûts culturels, ou ce qu’ils croient en connaître. Fut un temps où (j’avais du temps à perdre et) je montais au créneau pour sauver mon auteur favori, suggérant de lire “au moins Misery !” (on sait jamais, s’ils ont vu le film, cela leur fera peut-être plaisir de découvrir l’autre moitié de l’histoire)… Mais aujourd’hui je suis une vieille dame égoïste et je hausse les épaules en pensant “Hé hé, vous avez raison, n’y touchez pas, ça en fera plus pour moi.”

En tout cas, chaque matin de fête des Mères, je savoure ma première tasse de thé dans mon lit en attendant impatiemment le bisou de mes chéris et leur cadeau – un King tout beau, tout neuf, acheté avec leurs petites économies (à moins qu’ils aient tout bâfré à la pâtisserie et braqué leur pâte tendre de père) que je vais peut-être dévorer tout de suite, que je vais peut-être héroïquement mettre de côté pour le savourer au bord d’une piscine (si possible), pendant les vacances.

Je ne vais donc pas essayer de vous persuader de lire Stephen King, surtout pas si vous faites partie de ceux qui le prennent pour un fanatique de morts-vivants ou d’extraterrestres destructeurs. Je ne vais pas vous expliquer qu’il ne parle que d’humanité, que c’est un des meilleurs créateurs (oh, il n’aimerait pas ce mot !) de personnages1 qui soient, etc. Mais si vous voulez, vous pouvez ignorer son talent et tricoter un fil en laine douce… parsemée d’un peu de rouge ici et là.

1. Et pourtant, quel affreux jojo, il a le chic pour vous entraîner dans la vie d’un personnage et vous sortir soudainement une phrase du genre “Elle retira la cigarette à demi consumée du porte-cigarette, ses doigts déformés faisant preuve d’une étonnante dextérité […] Je me suis demandé depuis – je sais, c’est morbide, mais je me le suis demandé – si elle l’aurait fumée jusqu’au bout, sachant que ce serait la dernière.” Un petit plaisir sadique dont ma fille et moi raffolons honteusement. Je vous jure que je suis incapable d’expliquer pourquoi. Il est bien loin, Oui-Oui !

J’ai fait ce qu’il me demandait, avec le sentiment d’être le plus grand corniaud de la terre. Un pas… en baissant la tête pour éviter de frotter contre le plafond en aluminium… deux pas… les genoux fléchis maintenant. Encore quelques pas et je devrais me mettre à genoux. Ce que je n’avais aucune intention de faire, requête de mourant ou pas.
— Al, c’est ridicule. Sauf si tu veux que je te rapporte un carton de fruits au sirop ou un de ces petits paquets de gelée, je ne vois pas ce que je viens faire i…
C’est là que j’ai senti mon pied s’enfoncer, exactement comme quand on descend une marche sans s’y attendre. Sauf que mon pied était toujours posé à plat sur le sol en linoléum gris foncé. Je le voyais.
— Tu y es, a dit Al.
Sa voix n’était plus rocailleuse, du mois temporairement ; elle était veloutée de satisfaction.
— Tu l’as trouvé, copain.
Mais j’avais trouvé quoi ? J’étais en train d’expérimenter quoi exactement ?

Stephen King, 22/11/63

Mon livre de chevet

Voir les commentaires