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Rue de la Laine, le blog

Noces de soie

14 Septembre 2012, 13:15pm

Publié par Mmm

Douze ans de mariage, ce sont les noces de soie : pour qui aime travailler les belles fibres, c’est un vrai défi qui mérite du temps et de l’application ! Pour faire ce beau gilet à mon cher et tendre, j’ai commencé de presque rien : des mawatas, ou « mouchoirs de soie ». Je vous en ai déjà parlé, j’aime beaucoup l’effet texturé du fil obtenu avec les mawatas, une fois retordu en navajo, c’est-à-dire à trois brins, avec lui-même. Et en plus, il est extrêmement solide. Du coup, il était naturel de penser à le tisser…

J’ai commencé par teindre les mawatas. J’ai la chance de partager la vie d’un homme qui accepte de porter toutes sortes de couleurs sans rechigner, donc j’ai choisi ma teinture Landscapes préférée, le vert Lichen. Après, j’ai étiré tous ces mawatas après les avoir soigneusement détachés les uns des autres, et j’ai enroulé cette mèche aérienne en une gigantesque boule. Cela m’a déjà pris deux longues soirées…

Est ensuite venu le moment du filage. Sachant qu’une fois retordu, j’avais quasiment 1,5 km de fil, le calcul est simple : au départ, j’ai filé 4,5 km ! Pour cela, j’étais ravie d’avoir le concours de mon petit eSpinner Ashford – à présent qu’il est muni d’un épinglier automatique WooLee Winder (oui, j’ai fait des économies et ensuite des folies ! il faudra un jour que j’ouvre une nouvelle catégorie pour vous montrer tout mon matériel, il y a de quoi papoter pendant de longues soirées d’hiver…), c’est le roi des filages au long cours. J’ai apprécié ce confort, puisque le filage et le retors m’ont occupée presque un mois.

C’est avec bonheur que j’ai vu arriver le moment du tissage, car j’adore ça ! Même avec mon très modeste Knitters Loom, un adorable petit métier à tisser pliant, je me régale, et voyez, 50 cm de largeur peuvent parfois suffire pour créer des vêtements ! En l’occurrence j’ai commencé par tracer et couper mon patron (Simplicity n7297). Par chance, le dos aussi est en deux morceaux, ce qui signifie que finalement je n’avais qu’une bande de 35 cm de large à tisser… oui, mais sur presque 3 mètres. Parallèlement, j’ai mesuré le bon métrage d’un épais twill de soie que j’ai teint avec la même teinture pour faire la doublure.

Le début du tissage a généré une certaine appréhension car je me demandais ce qu’allait donner mon fil. Au début, je n’ai pas trop aimé l’effet de rayures que générait le dégradé de la couleur, et je l’ai cassé en alternant plusieurs écheveaux. Ensuite, la grande question était : aurai-je assez de fil pour aller au bout de ma chaîne ? Mes savants calculs me promettaient que oui, mais les calculs… vu ma propension aux étourderies, je leur fais rarement confiance. Finalement, j’ai eu de la chance : une fois tombé du métier, lavé et repassé, le tissu faisait même une vingtaine de centimètres de trop. J’avais quand même prévu une issue de secours : si je n’avais pas assez de tissu, j’utiliserais la même soie industrielle que celle choisie pour la doublure pour faire le dos.

Le moment de la couture du gilet en elle-même a été l’étape la plus rapide. J’ai commencé par décalquer le patron sur de l’intissé très fin que j’ai fixé au fer sur mon tissu, puis j’ai découpé chaque pièce et fait un zigzag à la machine. Avec ça, aucun risque d’effilochage ! Puis j’ai monté mon gilet, ce qui m’a donné l’occasion d’approfondir mes connaissances dans le domaine des vêtements doublés. Très intéressant, et surtout le résultat est vraiment agréable. Oui oui, je commence à prendre goût aux finitions soignées ! C’est un peu tard, mais cela prouve qu’il ne faut pas désespérer : même les vieilles guenons apprennent de nouvelles grimaces ;-)

Le petit plus, ç’a été d’apporter mon gilet dans ma caverne d’Ali Baba à boutons préférée, chez Dam’Boutons au marché Saint-Pierre. Impossible de ne pas y trouver votre bonheur tant il y a de choix. J’ai craqué pour ces boutons tout simples façon bronze, et le marchand m’a même trouvé une belle boucle assortie pour accrocher la martingale derrière. Une fois les boutons cousus, les boutonnières brodées, le travail était fini, je n’ai plus eu qu’à faire un paquet cadeau…

Et savez-vous quel cadeau j’ai reçu, moi ? Je vous le donne en mille : une énorme provision de mawatas !!!

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Commenter cet article

frifricreations 09/10/2012 18:46


bonjour , je suis arrivée par pu hazard sur ton blog, je me promene de blogs en blogs quand j'ai le tps , et je trouve le tien genial, et sympa, j'ai aussi un blog ou je ne fais pas du tout la
meme chose que toi , mais si cela te dit de passer ! de ce fait je m'inscris a ta newsletter,,si il y en a une bien sur, car je veux te suivre ,


amicalement frifricreations.

ninibestiole 18/09/2012 11:48


c'est vraiment superbe félicitation 


 


maintenant tu me donne envie de me mettre au mouchoir de soie mais je dois attendre que mon kick spindle arrive sniiiiffff

Rêves de fibres 16/09/2012 13:53


Ton gilet est magnifique, tu es vraiment douée, j'aime aussi beaucoup les mawatas, je ne connais pas le rouet que tu as utilisé et dont tu parles, je pensai les filer sur un rouet classique. En
tout cas, bravo pour l'artiste :) Je vois que tu as été bien gâté aussi, tu as de la chance, les mouchoirs de soie, c'est génial :) bon week-end, bisous, Fabienne

Palaluna 15/09/2012 09:28


je ne connaissais pas le matawa mais cela m'intrigue maintenant... ce que tu as réalisé est fantastique de part le travail et la technique c'est magnifique. ton homme est un chanceux...

Lolatralala 14/09/2012 16:42


Ce gilet est somptueux Marie, et la couleur ... mmmm... Quel travail ! J'ai essayé de filer des mawatas aussi mais mon fil n'arrêtait pas de casser, probablement trop fin, je ne sais pas. Quel
poids avais-tu au départ ? Mais quelle réussite et quel beau projet !! Vraiment bravo !!