L’Homme, la Puce et moi-même avons tous les trois étrenné le nouveau lieu dédié à la céramique qu’ont ouvert Anne et Laure : Un Jour d’Atelier, chacun avec un stage différent. Je n’ai qu’un mot : si vous « mordez » à la terre et si vous n’êtes pas trop loin,
courez-y !
Mon stage d’introduction aux engobes
Un mot d’explication pour les néophytes : l’engobe est un mélange de barbotine (supernéophytes : … de la boue bien liquide…) et d’oxydes (cobalt, fer, cuivre, manganèse et tant d’autres) qui vont se colorer à la cuisson ; on s’en sert un peu comme d’une gouache pour créer des décors sur céramique.
Je me suis offert en juillet, où mon activité se ralentit toujours un peu, un stage d’une semaine pour aller un peu plus loin dans mon approche de la céramique.
Au cours de ces quelques jours, nous avons modelé à la main des petits bols (défense de rire, c’était ma première tentative de modelage) destinés à servir de supports à nos différents essais
d’engobage. Après quoi, nous avons appris à fabriquer les engobes (mixer la terre blanche, la juste quantité d’eau et de poudre d’oxyde) puis à les appliquer, avant d’explorer diverses techniques
plutôt amusantes, comme de pratiquer des réserves (j’ai tenté le « drawing gum »), de superposer des couches d’engobes à gratter ou graver, ou encore de jouer avec les textures :
ajout de
sable, de gravier, de céréales brûlant à la cuisson et laissant des « trous », ou au contraire permettant d’apporter un relief. C’est d’ailleurs là que j’ai commis le plus de bourdes…
Je regrette que l’engobe gris à base de sable avec lequel j’espérais obtenir un effet « galet » des plus mode n’ait pas tenu à la cuisson… et, avis à toutes et à tous, ne pas utiliser
de graines à germer en lieu et place de céréales ! Oui, le mélange « Salade folle » offre tout juste la taille et la diversité de grains rêvées pour créer un amusant relief grêlé…
mais que croyez-vous que font nos graines à germer, une fois trempées dans une boue délicieusement humides… ? Eh oui, vous avez deviné : elles germent.
Touillage des engobes
Avant
séchage
Après
séchage, avant cuisson
Aargh !
L'engobe se décolle par plaques !
Engobe rosé, motif gravé pour retrouver la terre blanche dessous
Sur le
bord, du gravier fin a été mélangé à l'engobe et posé au pinceau
Plusieurs
couches d'engobes superposées, avec sur chaque des réserves au drawing gum
Plusieurs
couches d'engobes superposées, puis scarifiées avec une pointe…
Le stage de tournage de l’Homme
Le stage de modelage de la Puce
La
salle de modelage
Vous vous en doutez, le
carrelage est fait main !

Et voilà, je l’ai ramené de l’atelier, mon chef-d’œuvre : ce pichet au pied ajouré. « Mais, si tu mets de l’eau dedans, elle va
couler », m’objecte Petite Puce, très logique. Eh bien non : le fond du pichet se situe bien évidemment au-dessus des trous ! J’ai d’abord tourné un pichet tout simple puis, avec
l’aide d’Anne, une fois qu’il a été à moitié sec, je l’ai retourné et j’ai à nouveau tiré de la terre sur le fond. Je peux vous dire que ça n’était guère facile, et sans Anne, je n’y serais jamais
arrivée ! Après ça, percer les trous a été un jeu d’enfant… Comme c’était une pièce volumineuse, je ne l’ai pas émaillé par trempage et c’est tant mieux, car je ne suis décidément pas douée à
cet exercice. Non, c’est Laure qui a officié avec son pistolet magique. Et, admirez le résultat ! Bon, finalement, ai-je le droit de parler de chef-d’œuvre alors que l’idée n’est même pas de
moi – je me suis inspirée d’un vase qui avait été modelé au colombin par une des personnes qui viennent travailler à l’atelier – et que j’ai été aidée par deux professionnelles chevronnées ?
M’en fiche, c’est ce que j’ai fait de plus beau jusqu’à présent, et c’est ma signature qui est dessous…
Parlant de deux
professionnelles chevronnées, je tiens à vous signaler qu’Anne et Laure, dont je vous ai déjà parlé dans ces pages, ont enfin ouvert leur propre atelier ! Il ne pouvait être qu’à leur image,
beau et bien fait. Vous pouvez aller y faire virtuellement un tour
C’est en l’honneur de Pâques, une des fêtes préférées de ma petite chérie car c’est le seul jour de l’année où elle est autorisée à manger du chocolat au petit déjeuner, que j’ai fait cette boîte à chocolats rigolote à mon atelier de poterie.
J’ai tourné un œuf avec la même technique que pour les tirelires que je vous ai présentées il y a quelque temps, puis j’ai découpé le haut de la « coquille », sur laquelle j’ai ajouté un nœud de ruban fait d’une lanière de terre : il sert de « poignée » pour soulever le couvercle. 

Le
principe de la boîte à rêves
J’ai été particulièrement fière de réussir ces vases toute seule, et plus encore en apprenant, quelques mois
plus tard, que plusieurs personnes dans l’atelier s’en étaient inspirées !
Je n’étais pas si fière de ce pot qui n’était au début qu’un exercice, et puis, je ne sais pourquoi, il plaît à tout le monde ! Je le
trouve en tout cas parfait pour abriter mon lapsang-souchong.
La fabrication
