Voilà un gros chantier que j’hésitais depuis un moment à lancer : deux débardeurs, pour ma pitchoune et moi, en soie peinte à la main… où je ferais tout moi-même. Je me suis décidée, et avec beaucoup de patience, j’y suis arrivée !
Patron
J’ai choisi des patrons simples, cela valait mieux pour un premier essai de vêtement peint sur soie : des débardeurs faits de deux pièces de tissu, un dos et un devant.
Après avoir taillé le patron sur papier et coupé des rectangles de soie de taille adaptée à mon patron, j’ai tracé les contours de chaque pièce sur la soie au crayon.


Après cela, le plus amusant fut de choisir le motif que j’allais peindre. Pour le petit débardeur, j’ai puisé dans Motifs de transfert pour enfants (présenté dans ma bibliothèque) et j’ai imprimé avec mon ordinateur une sorte de gabarit que je n’ai eu qu’à décalquer. Je n’ai pas tout décalqué au crayon, il en aurait eu pour des heures ! Je me suis contentée de marquer au crayon quelques repères par-ci par-là au cas où le papier bougerait sous la soie (et il l’a souvent fait).
Pour mon débardeur, je voulais des motifs polynésiens, mais je n’avais rien en stock dans mes divers livres et cahiers. J’ai longuement surfé sur le Net et j’ai fini par tomber sur un vendeur de paréos qui montrait quelques tissus. J’ai dupliqué l’image et l’ai assemblée du mieux que j’ai pu avec un logiciel de retouche, puis je l’ai imprimé en grand et directement scotchée sur l’envers de ma soie avant de décalquer les motifs à la gutta transparente.

C’est une fois lancée dans ce genre de travail qu’on s’aperçoit qu’il va y en avoir pour des heures et qu’il faudra mobiliser toute notre patience pour en venir à bout !!! Mais finalement, avec un polar en fond sonore, le temps passe tout doucement et on finit par y arriver.

Une fois les motifs décalqués à la gutta et bien séchés, je suis passée à l’étape peinture. Cela a toujours été ma préférée, j’adore voir la peinture liquide filer sur la soie jusqu’au trait de gutta. Attention, pour que cela marche bien, il faut convenablement laver la soie avant usage, sans quoi l’apprêt l’empêche de se diffuser librement.

Lorsque la peinture a été sèche, je n’ai plus eu qu’à la fixer au fer sur l’envers avant de laver mes pièces à nouveau, ce qui a eu pour effet d’éliminer les traits de crayon et toute la gutta incolore, rendant à la soie toute sa souplesse.

Cela fait, l’étape montage a peut-être été la plus rapide : quelques coutures, quelques ourlets, une parementure autour du cou avec un biais acheté dans le commerce, permettant de piquer une coulisse qui accueille un élastique pour ma princesse, un joli ruban de satin pour moi. Et le tour est joué ! Il n’y a plus qu’à attendre l’été pour les porter !
J’ai réussi mon pari d’un vêtement entièrement peint à la main, je suis ravie et fière de moi d’avoir mené ce projet à bien jusqu’au bout. Je n’hésiterai pas à recommencer quand une nouvelle idée viendra me titiller. Peut-être pour un kimono ?



J’ai découvert en surfant le superbe blog d’une calligraphe qui parlait de mail-art (c'est le site de Cécile, qui apparaît dans les liens ci-contre, n'hésitez pas à le visiter !). Elle a eu la gentillesse, en échange de mon com, de m’envoyer un vrai mail-art pour me mettre le pied à l’étrier (le voici présenté sur son blog : 




Rien de tel pour égayer un canapé qu’une paire de coussins aux couleurs vives. La soie est douce,
brillante et raffinée ; contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce n’est vraiment pas une matière difficile à peindre, pour peu que l’on dispose du matériel ad hoc.

J’ai naturellement sélectionné Kirikou et la Sorcière, plein de dessins de toute beauté aux couleurs magnifiques (en plus,
j’ai l’édition grand format, je me suis donc contentée de décalquer directement dans le livre), et La Princesse coquette, dont les tonalités
s’accorderaient à merveille à la chambre de ma fille… et à son goût immodéré pour le rose.


L’étape suivante est ma préférée : il n’y a plus qu’à remplir les surface délimitées par la gutta avec de belles couleurs. Mon bonheur est de les
mélanger moi-même. Une fois la peinture sèche, j’ai dessiné les bijoux de la sorcière avec de la gutta dorée. J’en ai mis pas mal pour obtenir un léger relief qui a donné plus tard un résultat de
toute beauté.
Une fois la peinture sèche, on peut retirer le morceau de soie du cadre, fixer la couleur en la repassant au fer sur l’envers et la laver pour enlever les
traces de gutta transparente. Ensuite, il n’y a plus qu’à piquer les housses à la machine… et c’est fini !
